Laboratoire de création sur le texte La Faune locale de Stéphanie Labbé 

 

Synopsis :

Un pauvre type, ni plus ni moins méchant que la moyenne des gens, perd son  emploi. Un effet domino alors s’enclenche. La détresse de cet homme se répercute  sur sa femme, sur son ancienne collègue de travail, sur des amis et leurs familles puis sur de simples connaissances. Tous sont à la fois victimes et bourreaux dans  ce monde où les valeurs d’un capitalisme sauvage règnent. Dans la pièce, trois  couples sont exposés. Ils se confrontent, s’aiment un peu, mais surtout se font mal en essayant d’atteindre chacun leurs objectifs personnels, tout cela sous le  couvert d’une légitimité égocentrique : la poursuite d’une certaine représentation du  bonheur, mus qu’ils sont par l’urgence de n’avoir « qu’une seule vie à vivre ».

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Le laboratoire servira à explorer les différentes possibilités du texte. L’autrice Stéphanie Labbé souhaite y exacerber cette méchanceté ordinaire déjà présente, notamment en ajoutant des  monologues pour donner accès à la violence que ses personnages portent en eux. Plusieurs questions apparaitront : Comment théâtraliser cette violence ? Sous quelle forme la présenter, tout en gardant la simplicité qui caractérise son écriture ?

Le metteur en scène Reynald Robinson, aussi auteur, connaît bien le travail de Stéphanie Labbé et sa démarche. Son souci du détail et sa grande maîtrise de la mise en espace permettront un approfondissement du texte et aideront à trouver des réponses  à aux questions initiales. De plus, l’expérience en direction d’acteur·trice·s de Reynald Robinson facilitera les choses en laboratoire et permettra de tester de nouvelles avenues et d’affiner l’efficacité des dialogues du texte. En poursuivant la recherche et le travail sur le texte avec des comédien·ne·s et un metteur en scène d’expérience, l’autrice se donne la possibilité d’amener sa réflexion et son travail dramaturgique encore plus loin puisque qu’elle souhaite également inclure des discussions avec les artistes du laboratoire.  

De plus, bien que le tableau que dressé de la société « capitaliste » dans lequel  nous vivons, soit extrêmement cynique et dur, la gravité des sujets abordés sera contrebalancée par l’humour. Ne dit-on pas que c’est dans le drame, que la comédie prend souvent tout son sens ? L’humour est pour l’autrice un outil indispensable pour montrer la lumière et la beauté de l’humanité. Le rythme et le travail physique sont essentiels en comédie, voilà pourquoi le laboratoire avec des acteurs m’apparaît  indispensable. 

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Texte : Stéphanie Labbé 
Mise en scène : Reynald Robinson 
Scénographie : Jean Bard 
Acteur·trice·s : Yannick Chapdelaine, Josée Deschenes, Éric Cabana, Sylvie De Morais,  Alexandre Fortin, Stéphanie Labbé

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La Bête Humaine

Le Théâtre La Bête Humaine a été fondé le 31 août 2010 suite à la création de Reynald Robinson IL ÉTAIT ONZE HEURES LE SOIR qu’il avait aussi mis en scène avec les  étudiant·e·s du Conservatoire d’art dramatique de Montréal (promotion 2008) dont faisaient partie Robin-Joël Cool et Yannick Chapdelaine. La première production du Théâtre La Bête  Humaine (BÉA de Mick Gordon traduite en québécois par Yannick Chapdelaine et mise en  scène par Olivia Palacci) a été présentée à la salle intime du Théâtre Prospero au printemps  2015. Ensuite, la compagnie a été invitée par Denis Bernard à reprendre la pièce à La Licorne au printemps 2018. À l’hiver 2019, BÉA a continué son périple en tournée dans  plusieurs régions du Québec et en février 2020, la pièce est sélectionnée pour présenter une vitrine à RIDEAU afin de tourner à l’automne-hiver 2020-21. Bien entendu, en raison de la  pandémie mondiale de Covid-19, BÉA est freinée dans son envol, les 15 représentations prévues sont annulées, mettant définitivement fin à la diffusion du spectacle. La pièce a été jouée plus de  cinquante fois à Montréal et partout au Québec.

 

La deuxième production du Théâtre La Bête  Humaine (BLINK de Phil Porter aussi traduite par Yannick Chapdelaine et mise en scène  par Charles Dauphinais) a, elle aussi, reçu un immense succès autant populaire que critique. La pièce a été présentée pour la première fois à la salle intime du Théâtre Prospero  à l’hiver 2017. À l’été 2018, à l’invitation de Michèle Rouleau, l’équipe a eu le bonheur de la présenter à nouveau dans le cadre du Festival Fous de théâtre au Centre d’Art Diane Dufresne, à Repentigny. Le Théâtre La Bête Humaine a aussi créé le cabaret-bénéfice CHANTE ou CRÈVE. La première édition a eu lieu à la Sala Rosa, la deuxième au Petit Campus, la troisième à la Place-des-Arts dans le cadre des Rendez-vous de la chanson Québécor et la quatrième édition s’est tenue au Divan Orange. Le Théâtre la Bête Humaine a créé un partenariat avec le Carrefour culturel de Notre Dame-des-Prairies qui reçoit en lecture publique les productions de la  compagnie avant que celles-ci ne soient créées sur scène. Il·elle·s y ont présenté BÉA en  2015, BLINK en 2016 et NINO de Rébecca Déraspe en 2017.

 

Le Théâtre La Bête Humaine  organise aussi des discussions et des activités de médiation culturelle afin d’aborder certains enjeux soulevés par ses productions. À titre d’exemple, à la Licorne, le 19 avril 2018  pendant la série de représentations de BÉA, la compagnie a offert au public une discussion  post-spectacle portant sur l’aide médicale à mourir animée par Patrick Lagacé. Cette discussion incluait la participation de Véronique Hivon, de Dre Marie-Michelle Robert et de  Léa Simard qui a accompagné sa mère dans la mort. Dans le même ordre d’idée, le Théâtre La Bête Humaine a été choisi par l’organisme Les Voyagements et a ainsi participé à  plusieurs discussions avec le public lors de la tournée québécoise de la pièce BÉA. L’INFRAMONDE est la dernière production de la compagnie. La pièce a été traduite de l’anglais (v.o. THE NETHER de l’autrice américaine Jennifer Haley) par Étienne Lepage. Dans une mise en scène de Catherine Vidal, la production devait jouer à la Petite Licorne du  2 mars au 6 avril 2020 à raison de 30 représentations dont deux semaines entières de  supplémentaires levées avant la première. La pandémie mondiale de Covid-19 a touché de  plein fouet la production qui en était à sa dixième représentation quand tout fut annulé. Le  texte aborde la cyberdépendance, l’hyperconnectivité et le flou juridique empêchant les autorités de réagir convenablement aux potentielles dérives portant atteinte aux droits de l’Homme dans l’espace virtuel. Le sujet de la pièce étant tellement pertinent et on ne peut plus actuel, la compagnie travaille en ce moment à produire un enregistrement sonore de la pièce. Un projet à suivre…

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