Jusqu au sang ou presque © Eugène Holtz

Dans un style oscillant entre le conte de fées déjanté, le cabaret de curiosités, le cours d’histoire naturelle et le paranormal de série B, Mathias, 16 ans, nous présente son affreuse belle-mère, Adèle. En s’appuyant sur les témoignages de deux autres jeunes de 3 et 11 ans, il expose au public toutes les raisons de la craindre et de la rejeter jusqu’à ce qu’il se fasse prendre à son propre jeu.

Pour aborder le thème de la famille recomposée tout en intégrant l’univers esthétique du conte, le Théâtre I.N.K. s’est créé un véritable terrain de jeu physique et scénographique à partir d’une multitude de cadres suspendus dans le vide et d’un grand miroir surplombant la scène, utilisés de manière inventive, inhabituelle et parfois même très physique. Les spectateurs se trouvent d’emblée plongés dans un environnement étrange où les miroirs dédoublent les reflets et les personnalités, transformant la belle-mère tantôt en monstre assoiffé de sang, tantôt en sorcière capable de faire bouger les objets sans les toucher.

«Ponctué de clins d’œil aux contes traditionnels, le mythe de la belle-mère se mêle avec finesse à la réalité très contemporaine de vivre dans une famille reconstituée. Grâce à l’angle singulier choisi, le texte de Ranger nous happe par la force du propos. Des échanges vifs, des phrases assassines, criantes de vérité, puisées à même les tripes, fusent de part et d’autre comme autant de flèches lancées en plein cœur. […] La mise en scène de Marilyn Perreault permet d’ailleurs de faire ressortir toute la portée de ce que représentent une famille et l’idée que l’on se fait d’elle. Sur la scène, un lit et plusieurs cadres attachés à des tiges de fer sont tour à tour décrochés, puis utilisés pour servir d’encadrement aux deux personnages. Parfois coincés, mal à l’aise à l’intérieur, parfois soumis aux apparences, comme sur une photographie, les deux personnages s’en servent aussi pour évoquer les échanges houleux. Ajoutons à cela la présence signifiante de la musique qui appuie l’effet dramatique proposé.» Marie Fradette, Le Devoir

PRODUCTION : Théâtre I.N.K.
MISE EN SCÈNE : Marilyn Perreault
TEXTE : Annie Ranger
INTERPRÉTATION : Xavier Malo et Annie Ranger
SCÉNOGRAPHIE, COSTUMES ET ACCESSOIRES : Elen Ewing
MUSIQUE : Laurier Rajotte
CONCEPTION DES ÉCLAIRAGES : André Rioux
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE : Joëlle Tougas
RÉGIE : Clémence Doray
DIRECTION TECHNIQUE : Charlotte Isis Gervais

AVEC LE SOUTIEN DE QUÉBECOR

Ce spectacle a bénéficié de résidences de création au Théâtre de la Ville et au Théâtre Aux Écuries.

Fondé en 2002 par Marilyn Perreault et Annie Ranger, le Théâtre I.N.K. crée et met en scène des textes québécois inédits  en portant une attention particulière à l’intégration de l’image et du mouvement dans l’interprétation théâtrale. Elle explore les combinaisons possibles entre le texte dramatique et différentes disciplines artistiques, dont la danse, l’acrobatie, le théâtre d’objets et d’ombres, la marionnette et la vidéo. La compagnie compte neuf productions à son actif et a reçu de nombreuses distinctions : Lignedebus/Bus Stops  (4 nominations aux METAs pour la meilleure production et distribution, les éclairages et le décor), Robin et Marion (nomination AQCT dans la catégorie Interprète masculin), La robe de Gulnara (Prix AQCT dans la catégorie Production Québec et nomination en mise en scène et musique aux Prix d’excellence des arts et de la culture de la Ville de Québec), La cadette (nomination pour le Masque Production Montréal) et Les Apatrides (récipiendaire des Masques Révélation de l’année et Conception de décor).

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