Fuck Toute © Pierre Bouchard

Des humains dans le noir total, cellulaires fermés, écrans absents. Une pause d’images pour tenter de mieux distinguer ce qui a du sens de ce qui n’en a pas. Des mots, de la musique et du son qui torchent. Deux artistes et un public dans une intimité presque gênante.

Principalement glanés sur la blogosphère, les textes anonymes rassemblés dans Fuck toute ne s’attaquent pas aux «problèmes» de notre société mais à sa triste absurdité. Ils font ressortir l’état de nos communautés qui se liquéfient dans l’atomisation des individus et dans l’obsession du travail. Leur message récurrent, sis dans un univers de mensonges, est criant de poésie : «S’attacher à ce que l’on éprouve comme vrai. Partir de là.»

Ce n’est pas une écriture pour les enfants. Il y a de la colère et du mépris à l’encontre de ces gamblers qui soumettent ciel et terre à leur maladie mentale. Alors que les appels à la poésie pullulent devant cette force mécanique qui écrase tout au nom du profit, Dorion et Campagna ont déniché les paroles les plus défoulantes, les plus bandantes, celles qui ajoutent un sexe à cette poésie. Ce sexe, c’est la colère cousue de tendresse qui se réveille en nous. C’est elle, ici, aujourd’hui, qui fait tenir nos rêves debout.

PRODUCTION : Catherine Dorion et Mathieu Campagna
TEXTES : Comité invisible, Blogues Fuck le monde (Simon-Pierre Beaudet), Pensées pour jours ouvrables, Le Blog flegmatique d’Anne Archet, Catherine Dorion, Mathieu Campagna
ADAPTATION, MISE EN SCÈNE, CONCEPTION ET INTERPRÉTATION : Catherine Dorion et Mathieu Campagna

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